CHÂTEAU DE 

LOUPPY-SUR-LOISON

© 2016, Château de Louppy-sur-Loison - De Roffignac.

1 Rue de la Porte Haute, 55600 Louppy-sur-Loison, Lorraine, France

Conception du site : Anne-Claire Collot 

Rédaction du contenu : Antoine Collot

Le château de Louppy-sur-Loison

au coeur de la Première Guerre Mondiale

 Nous savons peu de choses sur l'histoire de la zone occupée par les allemands pendant la 1ère Guerre Mondiale. Louppy ne semble pas avoir tenu un rôle particulier durant les deux premières années du conflit.

 A l’arrivée des troupes allemandes, au début du conflit, deux rues du village furent incendiées par celles-ci, comme en témoigne la photo ci-contre (Figure 1). 

  Nous savions que le site présentait un intérêt certain pour l’armée allemande qui avait transformé le bois du Moncel en un vaste dépôt de matériel et de casernement, comme en témoignent encore les nombreux fortins dans ce bois. En effet, Louppy avait l'immense avantage d'être à la fois suffisamment éloigné du front pour éviter les tirs de l'artillerie française mais également suffisamment proche par sa ligne ferroviaire Verdun – Montmédy, qui reliait directement la zone de guerre. Cela explique que sur les photos aériennes de cette époque, autour de la gare Louppy-Remoiville les champs ont été entièrement transformés en voies ferrées de stockage pour la logistique du front allemand. Louppy fut donc une zone stratégique pour l'arrière du front allemand sur le plan matériel.

Figure 1 (coll. Collot)

Figure 2 : Le  Kronprinz au château, mai 1917. coll. Collot

Figure 3 : Geschäftszimmer, avril 1917. coll. Collot

 En revanche, nous pensions que le château avait été tout au plus un centre de commandement de seconde zone pour l'armée allemande. De nouvelles archives apparues lors de travaux au château, et une nouvelle série de photos inédites viennent attester le rôle stratégique du village à partir de 1916 (voir Figure 2), comme base logistique de l’armée allemande. En effet, ces témoignages indiquent que le village de Louppy n’a pas été un simple lieu de casernement, comme dans les autres villages environnants. Les photos indiquent la présence d’un vaste hôpital construit dans une grange et quelques habitations du Bourget. Une immense scierie avait été construite entre la ferme de Hugnes et de Putépont, d’où partaient deux voies ferrées dans le bois de la Wöevre, pour l’exploitation des forêts par des prisonniers, venus du front Est, qui étaient logés dans des baraquements construits au lieu dit « Le Camp des Russes ». 

Un bureau militaire fut également installé au château de Louppy pour coordonner la stratégie allemande sur le front de Verdun, comme le montre la photo ci-contre  (Figure 3). Durant le printemps et l’été de 1917, s’installe à Louppy un bureau politique allemand. Les photos témoignent d’une rencontre, durant ces quelques mois, de tous les dignitaires allemands au château : Le Komprinz, Ludendorf, Hidenburg, Henri de Prusse, ainsi qu’un diplomate austro-hongrois, le comte Czernin, dont la présence s’expliquerait par le déroulement de pourparlers de paix. Des recherches sont actuellement en cours pour explorer cet évènement. Récemment des archives allemandes de 1917 (voir photo ci dessous) donnant un état précis du matériel de guerre ont également été mis au jour dans une pièce borgne au cours de travaux dans le château il y a quelques années. 

A la fin du conflit les allemands dépêchèrent plusieurs archivistes berlinois chargés d’emporter les archives familiales des Vassinhac d’Imécourt. Aujourd’hui disparues, elles étaient constituées de pièces historiques liées d’une part à l’histoire du château mais aussi à l’histoire de la diplomatie française. 

Au cours de la 2nde Guerre Mondiale, le village fut de nouveau occupé par les Allemands. Une garnison allemande s’installa de nouveau au château et une aile fut transformée en camp de prisonniers venant de l’Est de l’Europe, qui vécurent dans des conditions de vie dramatiques, ils en arrivèrent même pour se chauffer en hiver à bruler les planchers des grands salons. De plus, quelques habitants du village témoignent encore de la défénestration d’un de ces prisonniers.